Egypte Antique : Vin, Bière, Sexe & Vomi…


Si quelqu’un nous parle de l’Egypte antique (que l’on situe entre -3150 à -30 av JC, avant que les Romains débarquent), on pense pharaon, pyramide, momie, hiéroglyphe, peut être extra-terrestre ou reptilien si t’es du genre à fumer trop de pétards en regardant des vidéos Youtube… Bref, c’est souvent la grandeur d’une civilisation passée qui a éclairé l’obscurantisme de l’humanité que l’on retient. Et on a tout à fait raison ! Si aujourd’hui, tu peux t’acheter une Kalachnikov en Bitcoin, c’est parce que les Egyptiens ont découvert les mathématiques. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que les Egyptiens aimaient surtout picoler, baiser et festoyer comme des sagouins. De grandes débauches où l’on buvait de la bière et du vin jusqu’à vomir, et dans lesquelles on avait des pratiques sexuelles qui auraient même choqué un Dominique Strauss-Kahn. C’est cette histoire que je vais vous raconter maintenant…

Egypte Antique : Vin, bière, sexe & vomi…

Tu t’appelles Ahmès. Ce qui signifie « né de la lune ». On est en -1250 avant JC, l’âge d’or de la monarchie Pharaonique. Ramsès II est ton souverain. Pour toi, c’est un demi-dieu. Reconnu bâtisseur et grand guerrier (pour avoir imposé sa force à pas mal de peuples voisins de l’Egypte), il est surtout bon en marketing. Visionnaire, il a fait sculpter de nombreuses statues à son image et fait graver son nom sur presque tous les temples pour que l’on se souvienne de lui. Tu trinques à son nom et sa grandeur.
En tant qu’Egyptien, t’as le lever de coude facile. Faut dire que dans le Sahara il fait soif. Mais tu bois plus de bière que d’eau. Le Nil est ta seule source d’eau durant l’année. Même si tu filtres la flotte à travers des couches de tissu et de sable, et que tu la conserves dans des jarres enterrées au frais dans le sol de ta maison, tu préfères quand même la binouze. Normal, tu penses que c’est la bière qui a sauvé l’humanité. On te le répète depuis que t’es gamin : Râ, le big boss des dieux, un jour en eu marre des Hommes. Personne ne t’a jamais vraiment expliqué la raison… Mais sûrement désespéré de vous voir penser que la terre est plate, Râ envoya Hator (déesse de l’Amour, de la Beauté, de la Musique, de la Maternité et de la Joie) vous exterminer. On peut le comprendre… Mais en vous observant vous émerveiller devant un châton, il regretta son geste. Seulement Hator ne voulait rien entendre. Elle est du genre à finir le job. Râ eu donc la bonne idée de fabriquer 7000 tonnelets de bière qu’il teinta en rouge pour les déverser sur les champs au bord du Nil. Pensant que c’était le sang des Hommes, Hator se mit à boire ce liquide rouge jusqu’à tituber et s’effondrer ivre morte. Elle se réveilla le lendemain avec une sacrée gueule de bois. Le genre qui lui fit oublier qu’elle devait vous zigouiller. Merci la binouze !

Ce n’est donc pas pour rien que la bière, ou plutôt « zythum » comme tu l’appelles, est omniprésente dans tes terres. D’ailleurs t’es fier que la première vraie brasserie au monde vienne d’ici. Elle date de l’ère du Pharaon Narmer (le premier roi de l’Égypte unifiée), 5000 ans avant le mec qui changea l’eau en vin. Les Chinois brassaient déjà de la bière 2000 ans avant toi, mais sans avoir la vision entrepreneuriale de ton peuple. Dans ta première brasserie, on pouvait déjà produire 23 000 litres d’une bière à base de farine d’orge ou de froment. On fait une sorte de pain peu cuit, qu’on brise dans un mélange d’eau et de dattes. On filtre le tout avec un tamier d’osier, puis cela fermente naturellement.
Depuis, vous avez construit pas mal de brasseries d’Etat pour pouvoir abreuver les besoins du palais royal et des temples. Y a même un haut fonctionnaire dont le job est de s’assurer que tout le monde puisse picoler à sa guise. Et mieux vaut pour lui qu’il ne déconne pas… Pour cela, il envoie des bateaux chargés d’amphores sur le Nil. Approvisionnant ainsi les villes, les bars et les villas des riches Égyptiens, qui font venir leur binouze préférée issue d’une maison réputée. Comme pour le pinard, il existe des crus différents, selon la teneur en sucre et le savoir-faire du brasseur. Même si les Grecs vagabonds, de passage dans tes terres, dénigrent de manière hautaine ton « vin de céréale ». Pour eux, cela ne vaut pas le nectar de Dionysos.
Concernant le petit peuple égyptien, ce sont des vrais poivrots. Comme chaque foyer fait son propre pain, il brasse aussi sa propre bière. Dès le réveil, avant d’aller construire les grands trucs pointus des dirigeants mégalomanes, l’ouvrier de base se donne du courage avec une petite pinte. D’ailleurs, il n’est pas rare que l’on paye une partie du salaire en bière. Le reste, on le dépense le soir dans les maisons à bière. Des cabarets festifs où lorsque l’ivresse désinhibe le peu de moralité de l’époque, une prostituée est là pour t’accompagner dans la folie.
Toi, en tant qu’aristo égyptien, tu préfères l’ivresse du vin. Ou plutôt « Irep » comme tu le nommes. T’es d’accord avec les touristes grecs. Premièrement, cela permet de te distinguer du petit peuple qui, vu le prix, n’y a pas accès. Puis y a pas à chier, c’est quand même plus délicat et profond que les céréales fermentées. L’ivresse est aussi plus spirituel, cela te permet de communiquer directement avec les dieux. C’est pour cela que t’aimes bien le vin rouge, sa couleur évoque le sang et la vie éternelle. Mais dans le fond, rouge, rosé ou blanc (tu maitrises le pressurage direct), aromatisé à la mûre, à la figue ou à la myrrhe, tu n’as pas vraiment de préférence. Même si dans ton milieu, il est établi que le meilleur pinard est le « tabûm » (un vin doux) ou le vin vieilli. Car oui, l’Egyptien de bonne famille a déjà un palais assez aiguisé. Plus que ce qu’on ne le croit. Au début tu faisais venir du vin principalement de Syrie, puis avec les avancées technologiques en matière d’irrigation pour te servir de l’eau du Nil, t’as pu commencer à planter ton propre vignoble (sur des pergolas en coplantion avec des figuiers). Cela a permis de démocratiser le pinard pour la classe moyenne, mais surtout, d’affiner ta capacité de vinification, de compréhension du terroir, du millésime et de dégustation. Sur les différentes étiquettes du vin que tu produis, on retrouve déjà la région, l’année, la qualité du vin et le nom du vigneron. Manque plus que la mention « sans sulfite ajouté » …

En Egypte, l’art de la saoulerie, n’est pas synonyme de masculinité toxique. Assez moderne pour l’époque, ce n’est pas rare que ce soit la femme qui saoule l’homme. Elles aiment festoyer, sans aucun projet mondain ou spirituel, mais seulement celui de se bourrer la gueule. Tout simplement. En atteste une célèbre citation de femme égyptienne : « Donnez-moi onze jarres de vins. Je veux toujours être ivre. Mes entrailles sont sèches comme la paille ». En général, lorsque les femmes de la haute société s’enjaillent, un serveur reste près d’elles. S’assurant qu’elles ne mourront pas étouffées dans leur vomi en fin de soirée. Car oui, on vomit beaucoup à l’époque. Et on baise aussi. Pour ton peuple, picoler = copuler (c’est presque une anagramme). Sexuellement, t’es assez tordu. Cela ne te choque pas ce qu’a fait Isis au cadavre de son frère… Et la fête que tu t’apprêtes de célébrer ce soir, n’est qu’un aperçu de ta dépravation…

La Fête de l’ivresse

Jour de la crue annuelle du Nil. Après le repas du midi (pain, bière, ognon vert et lentilles) et la sieste, tu te réveilles excité comme un jour de final de coupe du monde. Ce soir, c’est la Fête de l’Ivresse. Tous les ans, ton peuple célèbre la cuite légendaire que s’est prise Hator et qui a permis de sauver l’humanité. Vous n’allez pas enfiler des perles… Tu regardes ton cadran solaire, c’est l’heure de se préparer. Tu te brosses les dents avec les doigts (t’as inventé le dentifrice à base de cendre, de coquilles d’œuf broyées, de fleurs d’iris séchées et de menthe), tu te mets du déodorant, du gel dans les cheveux, et tu te maquilles les yeux (trois autres de tes inventions). T’as clairement envie de pécho. Puis on sait jamais, si y a un peintre ce soir pour immortaliser le bordel, faut apparaître sous son meilleur profil. En mode Hugh Grant dans Coup de foudre à Notting Hill, mais en plus pervers…

Sur la rive est du Nil, en face du temple construit à l’effigie d’Hator, tu te frayes un chemin dans l’immense foule, surexcitée et apprêtée comme jamais, venue remercier les dieux d’être toujours en vie. C’est le crépuscule, la cérémonie peut commencer. Une barge descend le cours du Nil. On joue du tambour. C’est Hator qui revient. Le stress se fait ressentir. La barge amarrée, un prêtre monte à bord, puis tend à Hator un bol de bière teinte en rouge. Les tambours s’arrêtent de jouer, la foule se tait. Se fera-t-elle encore roulée dans la farine cette année ? Le stress est à son comble… Lorsque la déesse boit (surement une personne déguisée), c’est l’explosion de joie. L’humanité est sauvée !
C’est maintenant l’heure de se bourrer la gueule dans son temple dédié. Sur le chemin, Hator est entourée par une procession de prêtres et de danseurs qui exécutent la danse de la beuverie. La foule est en folie. La suite de la fête se passe à l’intérieur. Tu vas enfin pouvoir commencer à picoler. Seule la haute société dont tu fais partie est conviée. Les portes de la grande salle du temple fermées, un prêtre annonce à haute voix le thème intellectuel de la soirée : « buvez, mangez, baisez ! ».
On te sert une énorme quantité de vin et de bière. Mais pas beaucoup de nourriture… Coquinou, la seule chose solide que tu vas manger ce soir, c’est de la mandragore. Cette plante connue pour ses effets psychotropes et ses vertus aphrodisiaques. Manque plus qu’un Dj techno. Afin d’être sûr que tu vomisses ce soir (cela fait partie des objectifs), on te sert une bière mélangée à des herbes qui foutent la gerbe. T’enchaines les verres, deux créatures dénudées t’enlèvent ton pantalon, un prêtre te tape sur l’épaule en t’encourageant d’un clin d’oeil. Réalité, spiritualité et fantasmes se confondent dans le vagin de la nuit. De cette orgie mémorable naitront des enfants de père inconnu, dignes héritiers de la haute société. Toi-même t’as été conçu pendant ce genre de sauterie. En Egypte antique, être le fruit d’une partouze mondaine, c’est la classe ! T’es le genre de connard imbuvable qui s’en vante à chaque discussion…

La soirée se passe. L’euphorie s’exprime jusqu’à l’abandon de soi. Tu t’écroules, un cul nu en guise d’oreiller. La chaleur hostile du soleil finit par te réveiller. T’as la gueule enfarinée. Amnésique, tu te frottes les yeux. Le sol est jonché de sperme, de bière, de cyprine, de vin, de sang, de pisse et de vomi. Cela devait être une bonne soirée… !

L’équipe Soiffard

Article écrit par des soiffards raffinés, des cavistes et des sommeliers.

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